Paris Web 2015

Le 1er et 2 octobre 2015 ont eu lieu l’édition 2015 de Paris Web. Pour sa 10ème édition, l’organisation et le programme étaient à la hauteur de l’événement.

Tout d’abord, je tiens à remercier Paris Web pour son accessibilité totale. Depuis 3 ans, j’ai pu suivre les conférences de Paris Web grâce à la vélotypie et à l’interprétariat LSF (Langue des Signes). Ainsi, en tant que développeuse que je suis, j’ai pu suivre les conférences de mon choix comme tout le monde. Merci aux sponsors d’avoir financé l’accessibilité.

Je remercie également Soft’it qui a accepté de m’envoyer à Paris Web. Très peu d’événements sur le web sont accessibles ! J’ai pu assister pour la première fois aux TechDays, édition 2015. En effet, les TechDays étaient pour la première fois accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. J’encourage les événements du web à en faire de même !

Voici les conférences (par ordre de préférence) que j’ai beaucoup appréciées et auxquelles j’ai pu apprendre de nouvelles choses. Les sujets étaient tous plus variés les uns que les autres : accessibilité, UX, méthodologie, design, sécurité, pour en citer parmi d’autres.

Le big hug revient à la conférence surprise pour fêter les 10 ans de Paris Web : une interprète en LSF a expliqué son métier d’interprétariat et quelles sont les principales difficultés quand on interprète des conférences très techniques et informatiques avec les blagues geek et les termes informatiques franco-anglais. A l’unanimité, ce fut la meilleure conférence de Paris Web de 2015. Ce fut très intéressant et très riche.

Design de soi : valoriser son identité et son expertise sur le web

Marie Guillaumet a tenu à expliquer que nous sommes tous légitimes pour parler en public quel que soit le sujet et notre niveau d’expérience. Nous avons tous quelque chose à partager et ce savoir profite aux autres. Partager notre savoir et nos connaissances est justement ce qui nous donne de la valeur. Si on ne le partage pas, c’est du gâchis.

Marie donne d’excellents conseils sur la façon d’être en public, comment partager son savoir et son expérience, ce qu’il ne faut pas faire. Ce sont là des ingrédients pour devenir de bons orateurs et être à l’aise devant un public. En tout cas, cela m’a donné confiance en moi et j’essayerais d’appliquer ses conseils.

Je vous conseille donc de lire la transcription complète de cette conférence. Je remercie au passage Marie de l’avoir rendue accessible, j’ai pu lire la transcription tout en suivant la présentation et suivre comme tout le monde ce qui s’est dit. La transcription est vraiment très utile pour ceux qui n’ont pas pu assister à la présentation de Marie.

Le défi d’une personne aveugle : conseiller sur l’accessibilité dans un web toujours plus visuel

Sylvie Duchateau, aveugle, a expliqué les difficultés de navigation sur Internet qu’elle a rencontrées au cours de sa vie. Aujourd’hui, grâce au lecteur d’écran, elle peut se rendre sur les sites internet accessibles. Mais la difficulté est que malheureusement encore trop peu de sites internet sont accessibles notamment les sites internet privés.

Les documents bureautiques sont également un problème, ils ne sont pas toujours accessibles. Les documents PDF, WORD ou diaporamas sont souvent trop longs à développer. Mais il existe une solution : Access42 a créé un diaporama accessible !

Le but du lecteur d’écran est de TOUT retranscrire d’où l’intérêt de l’accessibilité numérique pour que ce soit compréhensible. Une petite anecdote, son lecteur d’écran peut lire les smileys : par exemple, un smiley 🙂 se traduit en « visage souriant ».

L’accessibilité numérique ne concerne pas que le handicap visuel mais aussi d’autres handicaps voire tous. Si demain, vous devenez sourd ou aveugle, vous serez bien content de retrouver du contenu accessible. Mais si ce n’est pas le cas, vous serez tous aussi frustrés que les utilisateurs ne pouvant pas naviguer sur internet comme tout le monde.

Sylvie insiste sur le fait que l’accessible numérique n’est pas un droit mais un devoir !

Aujourd’hui, Sylvie est référente en accessibilité numérique. Si vous souhaitez avoir un utilisateur aveugle ou malvoyant pour tester l’accessibilité de votre site, vous pouvez faire appel à elle.

Death and UX: Digital Afterlife and Digital Legacy

La conférence était en anglais mais traduite également en français. Ce sujet était très intéressant et on en parle très peu : la mort numérique. J’avoue que ce sujet ne m’a même pas effleuré l’esprit. Que deviennent nos données numériques après notre mort ? Devons-nous faire un testament numérique ?

Par exemple, j’ai tout un tas de données numériques (réseaux sociaux, mails, sites internet) que j’ai laissé mais ai-je envie que mes proches les voient après ma mort ? C’est un sujet très délicat à aborder.

Du coup, faut-il vraiment effacer toute notre empreinte numérique à notre mort ? Planifier notre mort numérique ?

Imaginez que votre ami Facebook meurt et que vous ne le savez pas mais vous continuez quand même à laisser quelques messages, par exemple souhaiter un joyeux anniversaire… Beaucoup d’utilisateurs rencontrent ce genre de problème et ne savent pas comment réagir. Selon les statistiques, 1 compte sur 30 appartient à quelqu’un qui est décédé…

Sur les réseaux sociaux, il n’est pas évident de signaler que le propriétaire du compte est décédé. Cela demande énormément d’administratif. Voici un lien particulièrement utile pour fermer les comptes en cas de décès.

Il existe également des solutions comme SecureSafe ou MyWonderfulLife. Ce sont des applications qui permettent de stocker toutes les connexions des réseaux sociaux et de définir un contact pour le moment venu.

En conclusion, planifiez votre mort numérique et essayez d’en parler à vos proches.

Pasdecalais.fr, histoire d’une démarche d’accessibilité

Depuis 2008, le département Pas-de-Calais s’est lancé dans la démarche de rendre accessible leur site internet en prenant en compte les règles RGAA.

Bertrand Binois a expliqué le parcours de combattant qu’il a eu pour affronter les préjugés des prestataires et de ses équipes. « Non, l’accessibilité numérique ne concerne pas que les non-voyants, ce n’est pas moche et ce n’est PAS PLUS CHER. »

Sa vision était qu’il partait du principe qu’en vieillissant, il va voir moins bien, entendre moins bien et du coup, on ne fait que préparer l’avenir. Du coup, l’accessibilité, on en aura tous besoin un jour ! Je trouve cette philosophie très pertinente.

Mais le problème est qu’on ne sait pas toujours par où commencer ? Bertrand a défini un cahier des charges centré sur les besoins d’utilisateurs (pas sur les technologies). Ne pas oublier de mentionner l’accessibilité sur toutes les pages.

Pour information, quand vous commencez un projet informatique, prenez en compte l’accessibilité dès le départ. Pas au milieu, pas à la fin. Au début !

Ensuite, il s’agit de sensibiliser et former les équipes présentes sur l’accessibilité. Il s’agit du plus gros travail. Il fallait expliquer qu’il ne suffit pas qu’un site soit bien conçu et bien développé pour qu’il soit accessible. Bertrand a été confronté à l’indifférence de ses équipes. Il a dû se battre constamment pour faire évoluer les préjugés.

Après, il a fallu trouver des prestataires qui soient fiables et respectueux à l’accessibilité numérique. Ce qui n’a pas été évident.

Bertrand a partagé une anecdote : un collègue développeur a découvert que la police dédiée à la dyslexie était plus facile à lire. Comme quoi, le contraste, la police, etc., sert à tout le monde.

Aujourd’hui, le site PasdeCalais.fr est labellisé e-accessible AAA.

Pour ma part, j’ai trouvé cette conférence intéressante. Il est vrai que souvent, nous ne savons pas par où commencer. C’est pourquoi l’autre jour, j’avais écrit un article « comment débuter dans l’accessibilité numérique » pour donner quelques pistes et indications.

Vers une bonne pratique du Pair Design

Le Pair-Design est un concept qui permet à deux personnes graphistes ou designers à travailler ensemble sur un même poste. C’est le même principe que le « Pair-Programming » que nous utilisons chez Soft’it dans le cadre de la méthode Agile.

Le problème est que le propriétaire du poste n’a pas vraiment envie de partager son poste avec quelqu’un d’autre. C’est son espace privé.

La règle numéro 1 en Pair-Design est de constituer un bon binôme qui soit complémentaire sur l’expérience et sur le métier en tant que senior et junior. Cela revient au même qu’un conducteur et un navigateur en voiture, l’un conduit et l’autre donne des instructions. Ce sont deux rôles complémentaires. En Pair-Design, c’est pareil.

J’approuve le fonctionnement du Pair-Programming qui rejoint presque les mêmes principes que le Pair-Design. Cela permet d’améliorer ses compétences et de faire partager son expérience. Pour l’avoir fait plusieurs fois, c’est très profitable aussi bien à l’un et aussi à l’autre.

« Acceptation Générale » mon prénom, mon adresse, mon domaine seront-ils acceptés par tous les formulaires ?

Cette conférence était très intéressante, cela m’a fait réfléchir sur comment on gère les conditions d’acceptations du formulaire.

A-t-on besoin de TOUT contrôler ? Contrôler son adresse mail, son domaine ?

Stéphane a montré les situations superflues des uns et des autres avec des messages d’erreur aberrants. Certains messages d’erreur étaient très mal expliqués. Par exemple, quand on saisit une adresse mail et que celle-ci n’est pas valide, le message d’erreur renvoyait la condition complète d’une expression régulière !!! Ce n’est pas du tout parlant.

Il faut donc que les messages d’erreur soient bien gérés et bien expliqués, de sorte que l’utilisateur comprenne d’où vient son erreur et qu’il puisse corriger correctement avant de valider définitivement son formulaire.

J’ai une petite anecdote à faire partager. Dans de nombreux formulaires que j’ai eu à saisir, on me demandait mon numéro de téléphone. Or je suis sourde. Du coup, j’ai saisi « 00 00 00 00 00 » pour que mon champ ne soit pas vide puisqu’il est obligatoire. Mais on me le refuse.

J’ai opté pour une autre solution, mettre mon vrai numéro de téléphone en ajoutant une condition : « uniquement par SMS ». On me le refuse également car le champ doit comporter que des chiffres et pas de texte.

J’ai eu deux choix : donner un faux numéro de téléphone. Mais le propriétaire de ce vrai numéro risque de ne pas apprécier. J’ai dû opter pour un second choix : donner le numéro de téléphone de ma mère… C’est donc elle qui va être dérangée…

Je voudrais juste signaler qu’on peut être aussi joignable par mail. Du coup, on pourrait faire un formulaire où on aurait le choix de saisir son numéro de téléphone ou son adresse mail. Ainsi, cela conviendrait à toutes les parties.

En conclusion, il faut réfléchir à la pertinence des champs qu’on veut contrôler ou non et à la syntaxe de la validation du champ ainsi que les messages d’erreur qu’on renvoie sur le formulaire.

En conclusion

Je vous conseille d’aller à Paris Web, il y a toujours des sujets très intéressants. J’espère un jour pouvoir y donner une conférence. Les rencontres sont très enrichissantes et c’est tout simplement #ShareTheLove.

Au fil du temps, la marque de fabrique de Paris Web est devenue l’accessibilité. Les enjeux sont plus que jamais importants. Rendez vos sites internet et événements accessibles !

Bientôt, les vidéos de toutes les conférences de Paris Web seront en ligne pour que vous puissiez tous en profiter. Elles seront bien sûr sous-titrées !

 

A l’année prochaine, Paris Web !

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