Recruter sans CV

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Le CV synthétise un parcours, des compétences et quelques informations personnelles.

Il est donc tenu pour responsable du clonage (profil unique multiplié autant que possible : école et expériences similaires pour l’ensemble des salariés et futurs recrutés) ou de la discrimination (qui va souvent de paire).

Le CV a donc connu une vague d’anonymisation pour lutter contre la discrimination et il semble que le recrutement sans CV  ait fait sa place depuis quelques temps déjà pour empêcher le clonage.

Je recrute sans CV depuis bientôt 4 ans.

De façon passive : la page carrière de mon entreprise (site qui fait peau neuve actuellement) possède un formulaire où l’on postule sans CV. Je reçois donc régulièrement des candidatures sans CV.

Et de façon active : je reçois des CV et je parcours des profils sur les réseaux professionnels entre autres.

Je regarde un CV pour avoir une idée du parcours et pour quelques compétences techniques indispensables.

Rapidement le CV est écarté pour laisser la place à la personne. Qui est elle ? Que souhaite- t-elle ? Qu’ai-je à lui proposer ? Que ce soit par téléphone ou en entretien, je ne m’appuie pas sur le CV.

Je ne parlerai que du cas de réception de candidature sans CV ici car c’est comme cela que j’ai pu ensuite mettre de côté le CV dans le processus de recrutement.

Les avantages du recrutement sans CV :

  • Un gain d’intérêt (un CV formel, une lettre de motivation type ne sont pas ce qu’il y a de plus enthousiasmant)
  • Une compréhension plus rapide du parcours (un parcours sans explication n’est un parcours compréhensible que s’il est très classique)
  • Une satisfaction personnelle grâce à la congruence d’une valeur et d’une action (l’adéquation je pense humain = je rentre en contact de façon humaine)
  • Le premier échange est moins formel ensuite
  • Le candidat est bien plus impliqué dans le processus de recrutement que dans l’envoi de documents valables pour toute entreprise.

Si le recrutement sans CV possède des avantages, il a nécessairement ses inconvénients :

  • Une lisibilité incertaine : la mise en page laisse parfois à désirer
  • Coûteux en temps : lire un mail de présentation ne se fait pas aussi vite que de balayer les points clés d’un CV pour pré-qualifier.
  • Moins aisé à appréhender : sur des aspects métiers très spécifiques, l’évocation du candidat ou au contraire le développement d’un détail ultra pointu peut provoquer le même effet : du flou.

Le recrutement sans CV demeure du recrutement où l’analyse des compétences, du potentiel et du savoir-être sont nécessaires pour évaluer la correspondance à un besoin, aussi l’expression elle-même n’a guère de sens car pour mener à bien notre objectif d’évaluation il nous faut un –plutôt plusieurs- supports (si ce n’est pas le CV, ce sera le discours du candidat, ses réponses aux tests techniques, ses références, ce que d’autres diront de lui etc.). Il s’agit donc plutôt de « recrutement sans formalisme ».

Recruter sans formalisme c’est se concentrer sur l’échange avec le candidat (c’est pourquoi j’écarte très rapidement le CV)

Agir en faveur de la diversité nécessite surtout d’aller au-delà de ses a-priori. Et pour cela être humble et en capacité de se questionner sur les filtres que nous posons nous-mêmes.

Sans cela, recruter sans CV ne sert à rien car tous les moyens sont bons pour catégoriser en vue de chercher le semblable de ses futurs collègues.

Nous (acteurs du recrutement) devons nous poser des questions supplémentaires à la définition du besoin de nos entreprises, au-delà des compétences requises.

Avons-nous les moyens de recruter des profils atypiques (pour lesquels il faudra donc veiller particulièrement à l’intégration et aux formations nécessaires) ?

Enfin il s’agit d’avoir conscience des dénominateurs communs au-delà des parcours et des différences et de prendre du recul dessus et de les questionner.

Nous vivons dans une société où le conformisme et le clonage ne sont plus nécessairement dans le diplôme d’une école, dans un parcours classique, dans des origines sociales et/ou culturelles communes. Il est dans le formatage d’une façon de faire, de penser, d’apprendre, d’agir.

C’est ce formatage là qu’il est bon de rompre.

La question au fond est alors : sommes-nous prêts à nous confronter, à accepter et à accueillir d’autres fonctionnements, des perceptions nouvelles et des méthodes d’apprentissage différentes que celle de la majorité ou tout simplement celle de l’habitude ?

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